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Vos FINANCES

Les belles histoires du Fonds de la FTQ

par Fabien Major
Les belles histoires du Fonds de la FTQ
  • L’actif du Fonds de solidarité de la FTQ dépasse 15 milliards $. Son rendement annuel depuis sa création est de 4,4%. Il offre un avantage fiscal difficile à battre.
  • Avec un tel actif financier et réputationnel, et avec des performances aussi honorables, pourquoi raconter des demi-vérités quant à ses frais de gestion et son engagement dans l’économie durable?

Comme une majorité de travailleurs québécois, je suis actionnaire des fonds de syndicats. Ils offrent l’opportunité de soutenir l’économie d’ici.

En tant que planificateur financier, je recommande aux professionnels et aux entrepreneurs ayant un taux marginal d’imposition élevé de souscrire à ces fonds pour la première tranche de 5000 $ de leur contribution REER.

J’y vois quatre bonnes raisons:

  • le crédit d’impôt supplémentaire;
  • le fait que ces fonds constituent un bon outil de diversification;
  • le mécanisme d’«épargne forcée» à long terme qu’ils représentent pour les individus; et
  • le soutien que les capitaux investis par ces fonds apportent à l’économie du Québec.

Mais le marketing du Fonds ne se contente pas de ces avantages. Il pousse le bouchon plus loin.

Des fonds dispendieux, sans conseil

Là où je lève les sourcils, c’est lorsque je lis les publicités du Fonds FTQ et que j’entends ses porte-paroles tenter de laver plus blanc que blanc sur la place publique.

Les fonds de syndicats ne sont pas assujettis à la Loi des produits et services financiers du Québec qui est sous la coupe de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Quand les dirigeants du Fonds FTQ tentent de comparer la structure, les résultats ou le contenu de leurs fonds avec l’industrie financière, ils font presque toujours des comparaisons boiteuses. 

Exemple: dans les états financiers du fonds et sur son site web, la direction  dit que le Fonds FTQ se compare aux fonds communs de la catégorie «équilibrés neutres» et que ces fonds ont, en moyenne, un ratio de frais de gestion annuel de 2,00%.

Là, je décroche. La FTQ tente ici de faire croire qu’avec son ratio de charges opérationnelles totales de de 1,49%*, le Fonds FTQ est moins cher.

*Ratio annuel des charges opérationnelles totales pour l’exercice terminé le 31 mai 2020. Source: rapport de gestion intermédiaire du Fonds de solidarité de la FTQ au 30 novembre 2020.

C’est du patinage artistique.

  • Les employés du Fonds FTQ n’ont pas de permis de conseillers de l’AMF.
  • Ils n’offrent pas de services de répartition de portefeuille, d’assurances de personnes, de plans de retraite, de conseils fiscaux et successoraux.

Parce que leur produit vient sans conseil, il est donc beaucoup plus pertinent de comparer le Fonds FTQ avec les fonds «sans frais de service et sans commission». 


Auparavant, tous les fonds communs de placement incorporaient dans leurs frais de gestion des commissions qu’ils remettaient aux conseillers financiers qui vendaient ces produits, de sorte que conseillers offraient eux-mêmes leurs services «gratuitement» à leurs clients. Ces fonds «avec commissions» existent encore, et c’est à eux que le Fonds FTQ compare ses propres frais.

Pourtant, depuis des années, les conseillers fonctionnent principalement à honoraires, qu’ils facturent directement à leurs clients. 93% des nouvelles ventes se dirigent donc vers des fonds «sans frais de service et sans commission», soit les fonds communs de série F.

Or, selon Morningstar, la médiane des ratios de frais annuels des 8667 fonds de série F est de 0,99%.

À 1,49%, le fonds de la FTQ serait donc 50% plus cher, et non moins cher.

­> Consultez la section Finances d’InfoBref avec nos nouvelles brèves en semaine et la chronique de conseils Vos Finances le samedi

Socialement responsable? En partie seulement

Les dirigeants du Fonds FTQ se qualifient d’«investisseurs socialement responsables». 

Ajoutons des bémols. Je veux bien croire que ce critère de responsabilité sociale s’applique au volet des investissements en capital de développement.

Mais c’est escamoter un gros morceau.

Le Fonds détient pour près de 7 milliards $ en placements qui ne sont pas des investissements directs dans des sociétés et PME québécoises.      

  • 44,6% de son actif est dans des titres financiers mondiaux.
  • On y trouve des pipelines et des producteurs d’énergie fossile comme Enbridge, Shell, Transcanada, AltaGas, Valeo, Tourmaline ou encore l’uranium de Cameco.      
  • Il y aussi des parts de sociétés comme McDonald, Starbucks, LVMH (Louis Vuitton), Banque Scotia, Heineken ou Ferrari.  

Comme on ne peut détacher le Fonds FTQ de sa partie «autres investissements»,  c’est donc avec un grain de sel qu’il faut recevoir ses prétentions liées à l’économie durable: vraies, mais en partie.

Comme un breuvage qui contient 55,4% de «vrai jus»!

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Analyse POLITIQUE

Métro, tramway, REM: Legault veut satisfaire les banlieues

Bernard Descoteaux
par Bernard Descoteaux
Métro, tramway, REM: Legault veut satisfaire les banlieues
  • Signe que les temps changent, les grands investissements publics en infrastructure des prochaines décennies favoriseront le transport en commun. Québec aura son tramway, tandis qu’à Montréal le REM étendra ses tentacules à l’Est, à Laval et sur la Rive-Sud.
  • Les premiers concernés par le développement de ces projets, les municipalités, doivent se plier aux volontés du gouvernement en place à Québec, au nom d’intérêts dits supérieurs et aux connotations électoralistes.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, l’avait peut-être oublié, mais le véritable patron des municipalités est le premier ministre du Québec. Comme le veut l’expression, elles ne sont que «les créatures des provinces». 

«Who pays the piper calls the tune», lui a rappelé François Legault qui entend modifier le tracé du projet de tramway conçu par la ville. Après tout, ce projet de près de 3,3 milliards $ est financé pour l’essentiel par le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral.

Le reproche fait au maire Labeaume est de ne pas avoir intégré à son projet certaines des banlieues de sa ville.

  • Des promesses électorales leur avaient été faites en 2018.
  • Le parti ministériel veut les tenir.

Cette rebuffade est offensante pour le maire Labeaume, comme pour tous les élus municipaux.

Qui mieux qu’eux connaissent les besoins de leurs concitoyens, et peuvent le mieux planifier l’aménagement de leur territoire? C’est ce que croyait avoir bien fait la ville de Québec qui planche sur ce projet depuis des années.

Le sort réservé au maire de Québec n’est pas différent de celui des maires de la région métropolitaine de Montréal à qui échappe le développement du Réseau express métropolitain.

La planification et le développement du REM appartiennent à la Caisse de dépôt et placement via sa filiale CPDQ Infra. Son seul interlocuteur est le gouvernement du Québec.

L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), récemment créée pour planifier et organiser le transport en commun de la grande région de Montréal, n’a rien à dire. Elle doit s’adapter aux décisions de CPDQ Infra.

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Le pouvoir donné à CPDQ Infra est considérable.

  • Le développement des grands axes de transport orientera pour des décennies le développement du territoire et son aménagement.
  • C’est ainsi que la construction des autoroutes desservant Montréal a favorisé par le passé le développement des banlieues.

Des projets de prolongement du REM à Laval et à Longueuil et sur la Rive-Sud dans un axe est-ouest sont à l’étude présentement à la demande à la demande du gouvernement Legault.

S’ils se réalisent, ils conforteront le développement des couronnes au détriment de la ville-centre. L’étalement urbain se poursuivra.

La logique qui sous-tend la volonté du gouvernement Legault de favoriser les banlieues répond à une double réalité, ce autant à Québec qu’à Montréal:

  • Leur densité de population justifie des investissements importants pour régler des problèmes sérieux de congestion des routes et des ponts.
  • Ses habitants sont aussi des électeurs sensibles à la capacité de leurs élus à tenir leurs promesses.

Or, il se trouve que ce sont ces banlieues qui ont permis à la CAQ de former un gouvernement majoritaire en 2018. Leurs citoyens ont alors cru à ses promesses et, lors de la prochaine élection, ils voudront voir que les choses progressent comme promis.

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Patrick Pierra
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Tendances MÉDIAS

Projet de loi C-10: quelle place pour le contenu québécois?

Steve Proulx
par Steve Proulx
Projet de loi C-10: quelle place pour le contenu québécois?
  • Le projet de loi C-10 de Patrimoine canadien veut forcer les Netflix et Spotify à contribuer «à la création, à la production et à la diffusion de récits canadiens», selon le ministre Guilbeault.
  • L’industrie de la musique et de la production audiovisuelle est ravie, mais il reste encore à savoir comment le contenu québécois sera traité dans ce nouveau cadre réglementaire. Pour l’instant, c’est flou.

La Loi sur la radiodiffusion n’avait pas été modifiée depuis 1991:

  • Le projet de loi C-10 entend la moderniser en intégrant dans le cadre réglementaire les plateformes de musique ou de vidéos en ligne comme Netflix, Disney+ ou Spotify.
  • Si le projet de loi est adopté, Steven Guilbeault a estimé que les nouvelles règles pour forcer les géants du Web à contribuer financièrement à la production de contenus canadiens permettront d’injecter 830 millions $ dans l’industrie de la musique et de la production audiovisuelle au Canada d’ici 2023.

Ceci est un texte dans un bloc «Média & texte»

Une initiative saluée… et certains bémols:

  • De façon générale, l’annonce du projet de loi la semaine dernière a réjoui les acteurs de l’industrie de la musique et de l’audiovisuel, qui réclamait des changements depuis des années.
  • Il demeure toutefois des questions en suspens en ce qui concerne la place qu’occupera le contenu québécois/francophone dans cette nouvelle mouture de la Loi sur la radiodiffusion.
  • L’importance de rappeler le caractère distinct de la nation québécoise prendra toute son importance lorsque viendra le temps de préciser comment les géants du Web devront contribuer aux «récits canadiens».
  • C’est au CRTC que reviendra la tâche de préciser ces détails lorsque les nouvelles dispositions de la loi entreront en vigueur.

Pour éviter une réédition de l’entente entre Ottawa et Netflix:

  • En 2017, le gouvernement Trudeau se vantait d’avoir scellé une entente avec Netflix.
  • Le géant promettait d’investir 500 millions $ sur cinq ans dans des productions canadiennes.
  • Deux ans plus tard, Netflix annonçait que ces investissements avaient déjà été réalisés.

Quelle a été la part des contenus québécois dans ces investissements?

  • L’essentiel de l’enveloppe canadienne de Netflix a été alloué à des projets hors Québec – notamment, la location de studios à Toronto pour le tournage de séries en anglais comme Guillermo del Toro Presents Ten After Midnight ou le film Let It Snow, selon Netflix.
  • À ce qu’on en sait, seuls deux projets québécois ont été financés dans le cadre de cette initiative: un spectacle d’une heure de Martin Matte et le film Jusqu’au déclin de Patrice Laliberté, tourné avec un budget de 5 millions $.

Parmi les plateformes de diffusion en continu, Netflix domine largement au Québec.

Cependant:

On compte sur les doigts des deux mains le contenu québécois qu’on peut y regarder.

Au-delà des deux productions citées plus haut, le contenu québécois sur Netflix, c’est:

  • 4 films (Les affamés, 1991, Bon Cop, Bad Cop 1 et 2);
  • 1 série (M’entends-tu?).

En guise de comparaison, les abonnés québécois à Netflix ont accès à :

  • près de 30 films de Bollywood;
  • 27 films coréens;
  • 19 films suédois.

Au Québec, à quel public s’adresse Netflix? Est-on en droit d’attendre davantage de la plus populaire plateforme de streaming?

À surveiller:

  • L’exemple de Netflix est frappant: on ne peut pas présumer que les géants du Web considéreront la culture québécoise comme distincte de la culture canadienne.
  • Aussi, il est permis de craindre que sans des dispositions claires et chiffrées en ce qui concerne le soutien au contenu québécois dans la nouvelle Loi sur la radiodiffusion, l’industrie québécoise puisse voir des millions… filer à l’anglaise.

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Promotion d’un signataire – Oui, auteur externe (contributeur), avec photo

Gérard Dufort
par Gérard Dufort
Contributeur, ceci est mon titre.
  • ceci est le début de l’intro.
  • Et ceci est la fin de l’intro

Et voici, pour cet exemple, ce qui servira de texte pour l’article.

Et voici le texte de ma biographie. Avec un lien

Gérard Dufort
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