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De plus en plus d’investisseurs individuels négocient des produits dérivés

Publié le 6 mars 2021
par Patrick Pierra
  • Les produits dérivés étaient ont longtemps été réservés à une petite minorité d’investisseurs et de courtiers très spécialisés.
  • Mais ces dernières années, et particulièrement depuis le début de la pandémie, de nombreux individus se sont lancés dans la négociation de ces produits. Cela pourrait avoir un impact important sur le fonctionnement des marchés financiers.
[résumé de Derivatives for the people : Amateurs shake up the arcane world of trading de Ian Brown dans The Globe and Mail du 6 mars 2021

 

Que sont les produits dérivés?

Les produits dérivés représentent des contrats liés à un actif (l’actif «sous-jacent»).

La catégorie de produit dérivé la plus connue est celle des options. Une option est un droit d’acheter ou de vendre, selon le cas, un actif à une date à venir et à des conditions qui sont fixées d’avance.

Par exemple, pour une action d’une société XYZ, dont la valeur en bourse se négocie actuellement à 10 $, une option d’achat pourrait donner un droit d’acheter cette action au prix de 12 $ dans trois mois. L’option elle-même coûterait, par hypothèse, 1 $.

  • Après trois mois, si l’action de XYZ vaut plus de 12 $, alors le détenteur de l’option exerce son option.
  • Si, par exemple, l’action vaut 15 $, le détenteur de l’option l’achète à 12 $.
  • Il achète 12 $ une action qui en vaut 15, soit une différence de 3 $ à son avantage. Il a cependant payé ce droit d’achat 1 $. Il réalise dont un profit net de 2 $.
  • Comme il a investi 1 $, son profit est de deux fois le montant de son investissement, soit un rendement de 200% – alors que le prix de l’action n’a augmenté que de 10 $ à 15 $, soit seulement 50%.

Cet exemple théorique illustre que la possibilité de gains, avec des options, est très supérieure à celle des investissements classiques. Réciproquement, le risque de perte est également beaucoup plus élevé.

Comment les produits dérivés se sont démocratisés

Les options et les autres produits dérivés peuvent être très variés et très complexes.

On pouvait négocier des options aux États-Unis au Chicago Board Options Exchange à partir de 1973, et à la Bourse de Toronto à partir de 1984. Mais seule une petite minorité de courtiers en négociaient, souvent pour des fonds de couverture (hedge funds) qui géraient une petite partie du patrimoine de grands investisseurs – en compléments d’investissement plus traditionnels.

Récemment, cependant, la négociation de produits dérivés s’est largement démocratisée.

Dans les six premières semaines de l’année 2021, le nombre de contrats d’option sur des actions individuelles a augmenté de 77% par rapport à la même période de 2020.

Pendant cette période de six semaines, le montant négocie en options était pratiquement équivalent au montant négocié dans les actions faisant l’objet de ces options.

Au Canada, peu de services en ligne ou d’applications permettent de négocier facilement des options. Questrade le permet, mais applique des restrictions.

Le site américain Tastytrade est consacré aux investisseurs institutionnels qui négocient des options et des contrats à terme. Ils présentent beaucoup de contenu vidéo informatifs, mais également divertissants, présentés dans un style informel qui semble séduire des jeunes investisseurs.

Il reçoit en moyenne 10 000 visiteurs canadiens par jour. Le site est associé à un service, Tastyworks, qui permet aux usagers de négocier des options. Le fondateur des deux sites dit que 140 000 personnes négocient activement dans Tastyworks.

L’ensemble de Tastytrade et Tastyworks a été acquis en janvier par IG Capital pour un montant d’un milliard $.

Quel impact pour les marchés financiers?

Le gestionnaire d’un fonds de couverture est inquiet de l’engouement que suscite la négociation des produits dérivés auprès d’investisseurs individuels, dont beaucoup d’investisseurs relativement novices.

Il note que les investisseurs individuels communiquent entre eux par Internet et peuvent coordonner leurs décisions d’achat et de vente, alors que les professionnels doivent respecter des règles à cet égard.

Il s’inquiète que, à cause de l’effet multiplicateur des options, les transactions d’investisseurs individuels sur des produits dérivés liés à certains titres pourraient avoir un impact de beaucoup plus grande ampleur sur le cours de ces titres.

De son côté, le fondateur de Tastytrade soutient que la démocratisation des produits dérivés a des aspects positifs :

  • Elle ouvre de nouvelles possibilités de gains financiers à des petits investisseurs individuels qui en étaient privés auparavant.  
  • Elle pourrait contribuer, de façon générale, à l’éducation de la population au fonctionnement, au potentiel et aux risques des marchés
Patrick Pierra