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Analyse POLITIQUE

La nouvelle amitié Québec-Ontario est-elle prometteuse?

Mis à jour le 10 nov. 2020
Bernard Descoteaux
par Bernard Descoteaux
Titre signataire
  • Les deux provinces ont toujours entretenu des relations difficiles inspirées par la méfiance.
  • Leur intérêt premier est de faire front commun contre Ottawa.

Une cordialité inhabituelle régnait entre les premiers ministres Doug Ford et François Legault lors du sommet entre les deux provinces qui s’est tenu cette semaine.

Il y a deux ans, nouvellement élus tous deux, François Legault et Doug Ford avaient eu un premier contact difficile. L’électricité ne passait pas entre les deux hommes qui semblaient alors aux antipodes: François Legault trop nationaliste au goût de l’Ontarien, lequel était trop à droite au goût du Québécois.

Depuis les choses ont changé.

La pandémie a été l’occasion pour Doug Ford de mettre de côté ses instincts politiques inspirés de Donald Trump. Les circonstances ont forcé la collaboration et chassé la méfiance qu’ils avaient entretenu l’un envers l’autre jusque-là.

La méfiance est ce qui a toujours caractérisé les relations entre les deux provinces, cela depuis bien avant la confédération. Les deux provinces centrales du Canada ont toujours eu davantage d’intérêts divergents que convergents, que ce soit au plan politique ou économique.

On ne peut toutefois être voisins sans jamais se parler si bien qu’au fil des ans et des changements de gouvernements, elles ont entretenu un certain dialogue reposant sur les affinités personnelles entre premiers ministres.

Ce fut le cas entre les libéraux Robert Bourassa et David Peterson et plus récemment entre Jean Charest et David McGuinty.

Rarement le ciment tiendra longtemps.

Sous le gouvernement McGuinty, l’Ontario, inspirée par l’exemple, du Québec avait accepté de se joindre au marché du carbone. Aussitôt élu, Doug Ford décréta son retrait et prit le leadership de la lutte contre toute forme de tarification du carbone.

On peut se demander ce que vaudra demain l’enthousiasme qu’affichent François Legault et Doug Ford et si les nouvelles perspectives de collaboration entre les deux provinces déboucheront sur des projets concrets.

  • Doug Ford accueillerait-il avec plus d’ouverture la proposition faite il y a un an par François Legault d’acheter de l’électricité du Québec?

Le terrain d’entente le plus solide pour l’instant a trait à leur revendication auprès d’Ottawa pour obtenir une augmentation du financement du système de santé.

Les deux provinces ont à cet égard un intérêt commun évident.

  • Partout au Canada, mais particulièrement dans ces deux provinces les coûts du système de santé augmentent plus vite que ne le font la croissance du PIB et celle de leurs revenus autonomes.
  • Au Québec, le vieillissement de la population a un impact majeur sur le budget santé.
  • Celui-ci est moins accentué en Ontario, par contre cette province est aux prises avec un déficit budgétaire incontrôlé.
  • Contrairement à Ottawa, les provinces ne peuvent se tirer d’affaires par une augmentation de la masse monétaire, ce que pratique sans retenue depuis le début de la pandémie le gouvernement Trudeau.

Ce front commun tiendra combien de temps?

Ce n’est pas la première fois que de telles alliances entre provinces se créent contre Ottawa… et qu’elles se défont. Le gouvernement fédéral est habile à opposer les intérêts particuliers des provinces.

Ce qui donne confiance pour l’instant au duo Legault-Ford est la perspective de la tenue prochaine d’ici 12 mois d’une élection fédérale qui les met en position de force face au gouvernent Trudeau.

À ce gouvernement minoritaire, les deux nouveaux amis rappellent que leurs deux provinces représentent 60 % de la population canadienne.

Au plan électoral, l’argument a du poids.

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Bernard Descoteaux